Les scientifiques ont finalement confirmé ce que nous soupçonnions depuis des années : le bacon, le gâteau au fromage et les autres aliments gras peuvent rendre dépendants.

La malbouffe — la nouvelle drogue

Une nouvelle étude chez les rats suggère que les aliments riches en lipides et hautement caloriques affectent le cerveau en grande partie de la même manière que la cocaïne et l’héroïne. Quand les rats consomment ces aliments en grande quantité, l’étude montre que cela conduit à des habitudes compulsives qui s’apparentent à de la toxicomanie.

Le fait de consommer des drogues comme de la cocaïne ou de manger trop de “junk food” surcharge progressivement les centres du plaisir du cerveau. A la fin, les centres du plaisir “crashent”, et pour retrouver le même plaisir, ou juste une sensation normale, il faut augmenter les quantités de drogue ou de nourriture, selon Paul J. Kenny, Ph.D., un professeur en thérapie moléculaire de la Scripps Research Institute de Jupiter en Floride.

«Les gens savent intuitivement que le problème à la suralimentation est plus qu’une simple question de volonté. Il y a un système dans le cerveau qui a été activé ou sur-activé, et cela conduit à trop manger  à un niveau subconscient.»

Dans l’étude, publiée dans le journal Nature Neuroscience, Kenny et son co-auteur ont étudié trois groupes de rats de laboratoire pendant 40 jours.

Le premier groupe a été nourri avec de la nourriture normale pour rats. Le second groupe a été nourri de bacon, saucisse, gâteau au fromage, gelée et autres aliments riches en calories mais seulement une heure chaque jour. Le troisième groupe a été autorisé à se goinfrer d’aliments malsains pour un maximum de 23 heures par jour.

Sans aucune surprise, les rats qui se sont goinfrés avec de la nourriture humaine sont rapidement devenus obèses. Mais leurs cerveaux ont aussi changé.

En surveillant des électrodes implantés sur leurs cerveaux, les chercheurs ont trouvé que les rats dans le troisième groupe développaient petit à petit une tolérance au plaisir apporté par la nourriture et qu’ils devaient après manger davantage pour expérimenter un meilleur plaisir.

Les rats ont commencé à manger de manière compulsive, au point qu’ils continuaient à le faire même face à la douleur.

Quand les chercheurs ont appliqué un choc électrique sur les pattes des rats  en présence de nourriture, les rats dans les deux premiers groupes étaient effrayés à l’idée de manger. Mais les rats obèses dans le troisième groupe ne l’étaient pas ! «Leur attention était seulement focalisée sur la consommation de nourriture», raconte Kenny.

Dans des précédentes études, les rats ont exposé des changements similaires au niveau du cerveau quand ils avaient un accès illimité à de la cocaïne ou à de l’héroïne. Et similairement les rats avaient ignoré les punitions pour continuer à consommer de la cocaïne.

Le fait que la malbouffe peut provoquer cette réponse n’est pas vraiment surprenant, déclare le Dr.Gene-Jack Wang de l’US département de l’énergie du laboratoire national de Brookhaven, à Upton, New York.

«Aujourd’hui, nous fabriquons nos aliments très similaires à la cocaïne», dit-il.

Il fait remarquer que les feuilles de coca sont utilisées depuis les temps anciens et que les gens ont appris à purifier ou modifier la cocaïne pour la délivrer au mieux au cerveau. Cela a rendu la drogue plus dépendante.

Selon Wang, la nourriture a évolué de la même manière. «Nous purifions notre nourriture,» dit-il. «Nos ancêtres mangeaient des graines complètes, mais nous consommons du pain blanc. Les indiens d’Amérique mangeaient du maïs, nous consommons du sirop de maïs.»

Les ingrédients dans la nourriture moderne purifiée font que les gens «mangent inconsciemment et sans nécessité» et pousse un animal «à manger comme un consommateur de drogue», dit Wang.

Wang prévient aussi que l’application des résultats des études chez les rats à l’homme peut se révéler délicat.

Par exemple, dans les études de médicaments pour la perte de poids, les rats ont perdu jusqu’à 30% de leur poids alors que les humains avec le même médicament ont perdu moins de 5% de leur poids.

«Vous ne pouvez pas reproduire exactement le comportement humain mais les études chez l’animal peuvent vous donner un indice sur ce qu’il peut arriver chez les humains», explique Wang.

Même si il reconnaît que ses recherches peuvent ne pas être appliquées chez l’homme, Kenny dit que ses conclusions peuvent faire la lumière sur les mécanismes du cerveau qui conduisent à trop manger et peuvent même conduire à un nouveau traitement de l’obésité.

«Si vous pouviez développer un traitement contre l’addiction à la drogue, ce même traitement pourrait être également efficace pour lutter contre l’obésité», dit-il.

Extrait traduit de : CNN.COM

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